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  • Les ophtalmos manquent, les opticiens abondent

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    1 février 2009 Actualité, Articles

    Par Rémi Havyarimana

    Le nombre d’ophtalmologistes a chuté à Épernay ces dernières années et les délais pour un rendez-vous peuvent atteindre un an. Parallèlement, le nombre d’opticiens augmente.

    «Si vous n’êtes pas déjà venu, je ne peux pas vous prendre. Je suis débordé. J’ai 13.000 patients et les rendez-vous que je fixe maintenant sont pour 2010 ». Voilà la réponse que l’on obtient quand on souhaite prendre rendez-vous au cabinet du Dr Vidal, à Épernay.
    Chez sa consœur, le Dr Vuidard, « les rendez-vous sont en juillet ou en août, mais il faut rappeler en mars car les plannings ne sont pas encore faits ».

    13.000 patients pour un seul médecin

    Il est de plus en plus difficile d’obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste à Épernay. « Il y a une véritable pénurie, personne ne s’installe et nous sommes surchargés. C’est très difficile explique-t-on au cabinet du Dr Vidal. Vous pouvez essayer à Reims mais c’est pareil. Beaucoup de gens vont consulter en Seine-et-Marne », nous dit-on. D’autres consultent même sur leur lieu de vacances, des opticiens racontent qu’ils ont des ordonnances de Bretagne ou de Perpignan. La Champagne-Ardenne est avec le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, l’une des régions les plus touchées par cette pénurie avec en moyenne 5,7 praticiens pour 100.000 habitants. Cinq ophtalmologistes ont quitté la capitale du champagne ces dernières années.
    Pour palier ce manque, l’hôpital propose des consultations depuis cinq mois. On peut y obtenir un rendez-vous en deux mois. C’est un soulagement pour les patients et pour les deux cabinets déjà installés.
    « Ce manque est un problème de santé publique car la population se soigne moins » s’inquiète Claude Marx, des opticiens Atol d’Épernay. « Certaines pathologies nécessitent des contrôles réguliers, ce sont des choses que les gens négligent à cause de la longueur des délais » renchérit le responsable d’une autre boutique d’opticiens du centre-ville.
    « Et puis sans ophtalmologiste, on ne travaille pas, car on travaille essentiellement sur ordonnance », poursuit le lunetier. Le marché n’est pas saturé, eux sont pourtant de plus en plus nombreux. On en compte : neuf en centre-ville, un à Aÿ, et deux à Pierry, soit douze au total.

    Un nombre qui peut paraître important. « Pas tant que cela, relativise ce même opticien. Le marché me semble équilibré ». En effet, les derniers arrivés, la générale d’optique et Hans Anders, offrent une gamme de produits supplémentaire à Épernay, des lunettes à bas prix. A l’heure où beaucoup de gens font des devis chez plusieurs commerçants et comparent, « ces nouvelles enseignes répondent à une demande et ont leur place à Épernay », explique la responsable d’une boutique, installée depuis quelques mois en centre-ville.
    « Le nombre des d’opticiens n’est pas inquiétant », affirme claude Marx. « Il faut de la concurrence, cela nous force à nous remettre en question. De plus les Sparnaciens ont plus de choix », dit même un confrère. Bref, le marché n’est pas saturé. Une fois que l’on a obtenu un rendez-vous et l’ordonnance, on a alors l’embarras du choix pour les lunettes.

    Changer ses lunettes sans consultation préalable

    Depuis avril 2007, les opticiens peuvent refaire des lunettes sans consultation préalable si l’ordonnance date de moins de trois ans.
    « Il est désormais possible d’adapter la valeur optique du verre avec l’accord du médecin prescripteur » explique un lunetier. Il agit de la sorte à peu près cinq fois par semaine. « Trop peu de gens sont au courant », regrette Claude Marx.
    Chez Atol comme chez d’autres opticiens du centre-ville, les modifications d’ordonnances restent rares.
    Cette mesure pourrait désengorger les cabinets d’ophtalmologie. C’est aussi une facilité pour les patients, d’autant que l’acte est gratuit chez certains opticiens. « C’est un plus mais ça ne comble pas le manque d’ophtalmos », selon Claude Marx.
    C’est aussi délicat d’un point de vue éthique, «car des opticiens malhonnêtes pourraient abuser de ce droit en faussant leur évaluation de la vue pour vendre des lunettes», peut-on entendre dans la profession.




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